Le mot de la Psychologue
La culpabilité des familles, aidants et accompagnants : un sentiment fréquent
Quand un parent entre en EHPAD, une émotion revient presque toujours : la culpabilité.
Elle peut être discrète ou envahissante, elle peut apparaitre au moment de la décision, de l’entrée, ou des mois plus tard.
Déléguer la prise en soin d’un proche peut être vécu comme un abandon, une trahison, alors qu’elle est souvent une nécessité.
Il est important de se rappeler une chose : choisir un EHPAD n’est pas abandonner.
C’est reconnaitre que les besoins de son proche dépassent parfois ce que l’on peut assurer seul, malgré toute la bonne volonté que l’on a.
- La culpabilité : un mélange d’émotions
On retrouve souvent :
- De la fatigue accumulée
- De l’impuissance face à la maladie ou à la perte d’autonomie
- Du chagrin de voir son parent changer
- Le deuil d’une relation « comme avant »
- La pression sociale (on doit s’occuper de ses parents)
Beaucoup de familles, d’aidants, d’accompagnants, se fixent des exigences très élevées :
- Venir tous les jours
- Ne jamais montrer leur fatigue
- Être toujours patient
- Répondre à toutes les demandes
Mais des difficultés peuvent être présentes en lien avec votre vie personnelle, professionnelle, votre famille, vos limites physiques et émotionnelles.
Prendre soin de soi, prendre du temps pour soi, déléguer la prise en soin, ne veut pas dire moins aimer son proche. Au contraire, cela permet de rester présent dans la durée.
- Comment apprivoiser la culpabilité :
- Mettre des mots sur ce que vous ressentez (parler à un proche, un professionnel, la psychologue)
- Se rappeler les raisons de la décision qui a été prise
- Remplacer « je devrais » par « je peux » (faire ce que vous pouvez avec vos moyens actuels)
- Et si la culpabilité persiste ?
Parfois ce sentiment devient envahissant, empêche de dormir, crée des tensions familiales ou une détresse psychologique. Dans ce cas, il est important de demander de l’aide à un professionnel tel que la psychologue de l’établissement ou votre médecin traitant par exemple.
Les familles, aidants, accompagnants, ont besoin eux aussi d’être accompagnés.
Je reste à votre écoute.